Nous avons la culture du débat, mais pas de culture dans le grand débat ?

Nous avons la culture du débat, mais pas de culture dans le grand débat ?

 

Luca, les pouilles.

Avez vous l’impression d’être «  oubliés « par la culture ? Aimeriez vous plus de culture dans votre vie ? Si oui, sous quelle forme ? Souhaiteriez vous plus d’événements culturels prêts de chez vous ? Plus de facilité pour pratiquer un art, musique, peinture, théâtre ?

Vous faut-il plus d’équipement, plus de médiation pour vous aider à choisir ou des moyens pour accompagner des groupes, des prix réduits pour les activités culturelles ? Le droit à accéder à un ou plusieurs spectacle de votre choix chaque année, dans votre région ? Comment devrait être organisée cette offre culturelle de proximité ? Par des associations ? Des petits comités locaux, en lien avec la mairie et le soutien de la DRAC ?  Si un film était projeté à petit prix en plein air près de chez vous, iriez vous ?

Voilà des questions que l’on aurait pu trouver dans la Lettre aux Français d’Emmanuel Macron.

Mais non, il n’y a rien, pas une allusion, pas un mot sur la culture dans cette lettre. Et c’est absolument anormal.

La culture concerne tout le monde. Ça n’est pas un enjeu sectoriel ou le privilège de quelques-uns.

La culture colle à l’humain comme le sparadrap du capitaine haddock à son doigt, son nez ou son front. Il n’y a pas d’être humain sans culture et pas de citoyen français qui n’ait son ou ses artistes préférés.

Oui, je vois bien l’image d’Épinal que je fais surgir avec ma projection en plein air. On s’y voit, sur la place du village ou le parking de la zone de Trifouilly, toutes générations et milieux confondus. Et pourquoi pas des représentations de théâtre dans les villages, façon 17è siècle. Eh ben quoi ! C’est une belle image.

Le poncif du milieu – de la culture – c’est la lamentation sur la démocratisation culturelle impossible. C’est un débat très long et un peu compliqué. En gros, il s’agit de faire venir à la « haute » culture, ou la culture dite classique, les classes populaires et les jeunes. Au théâtre des joueurs de jeu vidéo. A l’opéra des amateurs de rap. Mais pas que, sinon ce serait trop simple. Il s’agit aussi de faire venir le hip hop sur la scène des théâtre, d’ouvrir les fenêtres et les portes, de parfaire des arts nouveaux, de changer de références. C’est une autre version de la mobilité. 

Bref, c’est un grand débat – et le débat démocratique qui commence devrait se passer de parler de la culture ?! C’est une occasion unique de leur demander, aux citoyens, ce qu’ils veulent, comment ils la voient, ce qu’ils en pensent. C’est tellement rare, cette opportunité !

C’est rare, parce que la culture est souvent considérée comme une activité « de l’offre », de « prototype » (aucun artiste ne peut être remplacé par un autre, chaque livre/oeuvre est unique) qui dépend davantage de ce qui est proposé que de ce qui est demandé. En réalité, comme le savent bien les DJs, c’est un va-et-vient. La culture a beaucoup  à perdre à ne pas figurer au débat. 

La culture est toujours discutée entre cultureux, dans des agoras de professionnels. Pourquoi les gilets jaunes et les citoyens n’auraient pas aussi leur mot à dire, sur la culture ? Elle est à eux ! Est-ce que la culture, ce n’est pas aussi ce qui fait la différence entre la vie et la survie ?

Chers maires, chers organisateurs de débat, déconnez un peu, composez vos propres questions, et ajoutez la culture aux thèmes de la discussion. 

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